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Fréquence de Fonctionnement et Overclocking

Aucune base requise Dernière mise à jour
17 Mai 2005
Cavalier. Clear CMOS. Core Stepping. CPUID. Cycle d'horloge. Electromigration. Horloge (clock). Multiplicateur d'horloge. Overclocking. Rodage. Signal d'horloge. sSPEC.

Alors voilà...

A assister à la féroce course de hertz que se livrent les éleveurs de puces, on pourrait penser que la qualité intrinsèque d'un ordinateur ne devrait se jauger qu'à la seule fréquence de fonctionnement de son processeur, sorte de paramètre chiffré bien pratique pour porter un jugement de valeur définitif sur ses capacités générales.

Les publicités qui grandgousient nos boîtes aux lettres et les revendeurs aux aguets usent et abusent de ce complaisant raccourci: "Cher client columbidé, regardez-moi s'il-vous-plaît ce PC-luxe-tout-fait-main dont vous manquiez cruellement sans le savoir encore. S'il est efficace ? Jugez plutôt: 10 MHz de plus que ce modèle-ci, poussif et ahanant et sur lequel je ne touche aucune commission. S'il n'est pas trop cher ? Je peux vous assurer, foi d'escroc, que vos petits-enfants termineront sans peine de payer le crédit. Vous le prenez ? Parfait, signez là, suivant !

Quand la force de vente tourne à la farce du même nom...

Attention, ne dénions pas outre mesure, cette fréquence reste un critère essentiel car elle mesure très précisément la vitesse à laquelle "mouline" le processeur. Pour preuve, les efforts démesurés de certains à vouloir "pousser" leur processeur (comme on trafiquerait sa mobylette) grâce aux divers procédés de l'overclocking.
 
Alors ? on la "kite" ou pas, votre bécane ?

 

Temps puce fugit...

Une horloge à la place du coeur

Tout comme n'importe quelle créature vivante, une puce informatique a besoin d'une pulsation vitale pour s'animer. Dans le cas d'un processeur, ce battement de coeur régulier est produit par un "pucemaker" appelé horloge ("clock" en perfidalbionien)....

Comme son nom l'indique, mais contrairement au coeur dont le rôle est d'apporter l'oxygène à toutes les cellules de l'organisme, le rôle de cette horloge est ici davantage lié à la mesure du temps qu'à une quelconque fonction nourricière, le but étant ici de fournir au processeur une cadence régulière nécessaire à son travail.
 

Très matériellement parlant, cette horloge se présente sous la forme d'une très fine lame de quartz scientiquement taillée puis enchâssée sur la carte mère. Le fait est que lorsqu'il est soumis à une tension électrique, ce cristal se met à joyeusement osciller à une fréquence sinusoïdale très régulière.
 

Cette curieuse particularité du cristal de quartz porte un nom charmant: la piézo-électricité. Découverte en 1880 par le futur panthéonisé Pierre Curie [1859-1906], la piézo-électricité caractérise certains corps, tel notre cristal de dioxyde de silicium, capables de se comporter en dipôles électriques en réponse à une pression extérieure dirigée selon certains de leurs axes.
Plus amusant encore, ces corps s'avèrent également présenter la propriété inverse, à savoir de vibrer lorsqu'ils sont soumis à une différence de potentiel habilement placée.

Hormis le fait que ce truculent effet piézo-électrique ait été exploité depuis le sonar sous-marin jusqu'au briquet électrique, ce qui nous intéressera plus particulièrement ici est la remarquable stabilité de la fréquence d'oscillation du quartz, ainsi que la possibilité d'entretenir électriquement cette oscillation par effet piézo-électrique inverse.

Petit rappel de physique scolaire: une oscillation est un phénomène cyclique; la durée de chaque cycle est appelée période et se mesure en seconde. La fréquence, qui s'exprime en hertz, mesure tout simplement le nombre de cycles se produisant le temps d'une seconde.
Ainsi, un ordinateur fonctionnant à une fréquence de 10 MHz enregistre chaque seconde 10.000.000 cycles de 0,0000001 seconde.

Bref, un ingénieur, même moyen, vous inclut comme pour rire ce quartz en entrée d'une boucle à verrouillage de phases et hop ! vous obtenez l'air de rien une véritable petite machine à vibrer pour l'éternité (ou presque) à la même immuable fréquence.
Bref, tout ce que réclame un processeur pour bien égréner le temps qui passe !
 

Ainsi donc, notre quartz va se mettre à osciller bien docilement et, ainsi, générer un signal sinusoïdal bien régulier. Quelques accumulateurs, bascules et autres joujoux d'électroniciens judicieusement placés vont alors transformer ce signal analogique en un signal d'horloge, numérique et carré, qui servira de métronome à notre beau biniou.
 

Chronogramme du signal d'horloge

Oui, c'est vrai que c'est un poil monotone...
Mais c'est un peu ce qu'on voulait aussi.

Vous remarquerez qu'un cycle d'horloge se caractérise par la succession d'un front ascendant puis d'un front descendant.
Ça pourra toujours reservir...


Comme vous le voyez sur le chronogramme là-dessus, le signal produit se matérialise alors par une suite régulière de cycles d'horloge qui constitue le repère temporel de la machine.
A ce titre, un cycle d'horloge constitue donc la plus petite unité de temps perceptible par l'ordinateur.

 

Métronome et des cadences

Alors ça y est ! Nous savons désormais que l'horloge de la carte mère sert de métronome à notre bel ordinateur, en délivrant un "pouls" très régulier et très rapide à l'ensemble de la machine. Tout ceci est d'une clarté aveuglante !
Et bien, en fait, euh... Non. Parce que si l'ordinateur dispose bel et bien d'un seul métronome - l'horloge -, on ne peut pas dire que tout le monde travaille au même rythme dans la boîte.
 

La mémoire: Tempo di marcia

S'il y a bien un élément de la machine directement concerné par la fréquence délivrée par l'horloge, c'est bien le bus processeur, véritable "colonne vertébrale" de votre ordinateur puisque reliant ensemble trois acteurs relativement utiles de votre machine: le processeur, la mémoire vive et la carte mère.
Cet axe de communication, essentiel et hyper-sollicité, calque très exactement sa cadence de fonctionnement sur la fréquence délivrée par l'horloge.

Vous connaissez l'histoire de l'exception et de la règle ? Bon ! Vous ne serez donc pas surpris(e) d'apprendre qu'il est possible, sur certaines cartes mères, de découpler plus ou moins partiellement les fréquences du bus processeur et de la mémoire, qui fonctionnera dès lors en mode asynchrone.

Conséquence de cet état de fait: puisque directement reliée au bus processeur, la mémoire vive du système calque sa fréquence de fonctionnement sur la fréquence de l'horloge. Il s'agit là du mode de fonctionnement "normal" de la mémoire, que l'on qualifie plus scientifiquement de mode synchrone.
Dans ce cas très harmonieux, on a donc très simplement:

Fréquence Bus processeur = Fréquence Mémoire = Fréquence Horloge

Toute variation de la fréquence de l'horloge se répercutera donc par ricochet sur la cadence de travail de la mémoire vive.
 

Le processeur: Molto vivace

Alors que la carte mère s'avère être une structure relativement "frustre", composée de longs circuits électroniques, et avide de toutes les poussières en suspension dans son biotope, le processeur est une structure compacte, hermétiquement close, quasi stérile et conçue à l'aide des technologies les plus pointues.

D'un strict point de vue technique, il est donc physiquement possible d'imposer au processeur une fréquence de travail bien plus importante que ne pourrait le supporter n'importe quelle carte mère, même de bonne volonté.
Partant de cette observation, les ingénieurs informaticiens mirent très vite au point un système de multiplicateur d'horloge afin d'imposer au processeur de travailler "en interne" à une fréquence multiple de la fréquence d'horloge délivrée par le quartz de la carte mère.

Le premier processeur a avoir été équipé d'un multiplicateur d'horloge fut le bienheureux Intel 80486DX2.

Techniquement parlant, ce multiplicateur d'horloge est en fait un diviseur de fréquences, ce qui revient finalement au même.
En incluant ce diviseur dans notre boucle à verrouillage de phases, il devient possible d'obtenir une fréquence multiple de la fréquence d'horloge, quoique toujours aussi parfaitement régulière.
 

C'est cette fréquence-ci, démultipliée, qui est spécifiée dans le descriptif technique d'un ordinateur car c'est à cette cadence que travaillent réellement les minuscules shadoks emprisonnés à l'intérieur du processeur.
On a donc:

Fréquence Processeur = Fréquence Horloge x Coefficient multiplicateur (> 1)

 

Principe (très schématique) du multiplicateur d'horloge

Cliquez sur le multiplicateur d'horloge pour faire varier le coefficient multiplicateur de fréquence (d'un facteur 1 à un facteur 5) et constatez que la fréquence de fonctionnement du processeur évolue en conséquence.

Quoique ce soit généralement le cas, le coefficient multiplicateur n'est pas obligatoirement un entier.


 

D'abord timidement limités à des coefficients de 1,5 ou 2, les multiplicateurs d'horloge actuels dépassent allègrement les facteurs 20.

Le principe du multiplicateur d'horloge compris, on peut légitiment se demander pourquoi se limiter à de si "petits" coefficients multiplicateurs 
Deux réponses possibles, ou du moins compréhensibles pour un gars normalement équipé en neurones:

  • Car votre puce est faite de circuits qui, bien que savamment conçus, n'en restent pas moins bêtement électroniques. Comme tels, ils transforment donc une partie de leur alimentation électrique en chaleur, chaleur relativement néfaste à leur propre bien être. Or, cette chaleur produite se trouve être directement proportionnelle à la fréquence de fonctionnement du processeur, d'où matière à calmer ses ardeurs multiplicatrices...
     
  • Car il n'est pas tout d'augmenter la vitesse du métronome, encore faut-il que le soliste puisse suivre la cadence ! La capacité de travail d'un processeur a beau être consistante, elle n'est reste pas moins limitée quand même. Seuls des progrès dans l'architecture de la puce, et donc, indirectement, dans son mode de fonctionnement, peuvent permettrent de plus hauts coefficients multiplicateurs.

Autre question très pertinente: Pourquoi le processeur ne dispose-t-il pas de sa propre horloge au lieu de multiplier ainsi une horloge "étrangère" ? L'ingénieur de garde étant en RTT, nous allons essayer de nous en tirer en vous répondant que la régularité de notre quartz s'avère être très sensible aux variations de température. Or, nous savons désormais que le processeur est un animal à sang très chaud !

Quoi qu'il en soit, le processeur est le seul organe de votre ordinateur a pouvoir ainsi supporter de telles cadences de travail. La plupart des autres composants de votre machine se révèlent moins zélés, soit qu'ils n'aient pas la possibilité de fonctionner à des fréquences aussi élevées, soit qu'ils n'en éprouvent aucune nécessité.
 

Les bus E/S: Adagio moderato

Les autres composants de la machine, que l'on appelle "périphériques", se branchent également sur la carte mère, mais par l'intermédiaire de leurs propres bus, bien incapables de "tenir" la cadence de l'horloge. C'est pourquoi, afin de tenir compte des limites et des besoins de ces différents composants connectés à elle, la carte mère se trouve également capable de délivrer différentes fractions de sa cadence d'horloge, en particulier à destination de ces différents bus d'entrées/sorties (bus E/S) qui relient au processeur les périphériques de l'ordinateur..

Certaines cartes mères très récentes disposent d'une option PCI lock qui permet de désolidariser la fréquence des bus d'entrées/sorties de la fréquence du bus système.
Bon à savoir...

Ainsi, très concrètement, la carte mère se débrouille toujours pour délivrer au bus PCI une cadence voisine de 33 MHz, et au bus AGP une cadence proche de 66 MHz.

On a donc:

Fréquence Bus E/S = Fréquence Horloge x Coefficient multiplicateur (< 1)

 

Pour illustrer encore plus clairement encore nos propos, représentons très naïvement un hypothétique ordinateur dont l'horloge fonctionnerait à la fréquence un peu dépassée de 100 MHz.
 

La fréquence d'horloge et son exploitation aux différents niveaux de l'ordinateur

Nous constatons ici que la quasi totalité des composants de l'ordinateur se basent sur la fréquence d'horloge afin de fixer leur propre cadence de travail, soit qu'ils la multiplient (comme le processeur), soit qu'ils la fractionnent (tels les bus d'entrées/sorties) tandis que le bus système et la mémoire, si elle fonctionne en mode synchrone, se calquent eux très précisément sur cette dernière.
 

Comme vous le voyez donc, l'horloge ne "tourne" pas à la même vitesse pour tout le monde...

 

Overclocking: plus vite que la musique...

On vous a menti !

Vous venez d'acheter un processeur tout neuf et vous pensez naïvement qu'il a été conçu pour fonctionner à la fréquence pour laquelle vous l'avez acheté.
Etes-vous candide, quand même...

L'overclocking n'est pas limité au processeur. En effet, les power users s'intéressent de plus en plus aux cartes graphiques qui sont devenues de véritables petits "processeurs bis" à force de prendre de la puissance...

En effet, il s'avère généralement possible de forcer un processeur à fonctionner à une fréquence supérieure à sa fréquence "d'usine".
Cette technique, non dépourvue de risque, s'appelle overclocking.

Première question intelligente: mais pourquoi donc l'overclocking est-il possible ?
Et bien, voilà: les fabricants de processeurs (ou "fondeurs") se doivent de vendre des processeurs parfaitement fiables à des fréquences données. Afin de respecter cette obligation, une certaine marge est volontairement ménagée entre le niveau de performances maximal dont est capable le processeur et le niveau de performance "officiel" pour lequel il sera vendu.
L'overclocking consiste simplement à exploiter cette marge.

Le problème est que cette marge est extrêmement variable; elle peut jusqu'à dépendre de la chaîne de montage dont a été issu le processeur !

Pour comprendre ceci, mettons-nous quelques instants à la place de Monsieur Intel (ou de Madame AMD).
Nous venons de sortir en fanfare un tout nouveau processeur, le "Géranium", qui inaugure une rutilante génération de puce bien révolutionnaire. Ce processeur est appelé à occuper le marché pour de long mois, peut-être même plusieurs années au cours desquels sa fréquence de fonctionnement gagnera sûrement en mégahertz, signe bien visible que nos ingénieurs continuent de mériter leurs mirobolants salaires.
Néanmoins, tous ces progrès réguliers ne se matérialiseront pas nécessairement par de plus hautes fréquences d'utilisation. D'autres paramètres plus "discrets" peuvent être améliorés, de nouvelles fonctionnalités introduites, de nouveaux procédés de fabrication utilisés, d'abord testés dans cette unité de production-ci, puis généralisés ensuite dans toutes les usines du groupe...

Bref ! Ce n'est que lorsque la division "Recherche & Développement" aura rendu une nouvelle copie, un tout nouveau processeur tout truffé de nouveaux concepts et de nouveaux bitoniaux, que le "Géranium" pourra se préparer à passer la main à son successeur, le "Teniasolium".
Le "Géranium" aura alors vécu, mais sous une multitude de variantes successives, chacune dotée d'un potentiel d'overclocking différent selon les micro-progrès techniques dont elle aura profités.

Autre explication, beaucoup moins technique cette fois, quant à l'extrême variabilité du potentiel d'overclocking des différentes versions d'un même processeur: les lois du marché. Il y a en effet dans toute entreprise commerciale un facteur pénible mais néanmoins inévitable: la clientèle. Celle-ci, instable et un peu chiante, peut soudainement vous réclamer en masse du "Géranium 200" alors que vous venez de produire à grands frais de pleins cargos de "Géranium 300", certes plus onéreux mais également plus performants. Alors, quoi qu'on fait de nos beaux binious ? On coule les bateaux et on escroque à l'assurance ?
Non môssieur ! On s'adapte ! On prépare en sortie d'usine trois grands containers et on teste un à un toute la production. Dans le premier container, on range très soigneusement les processeurs qui ont le plus brillamment passé les épreuves, on étiquette l'ensemble "Géranium 300" et on expédie en convoquant la presse.
Dans le second container, l'air de rien, on range moins soigneusement les puces qui ont également passé les tests, mais de manière moins éclatante. On étiquette l'ensemble "Géranium 200" et on expédie aussi, mais sans tambour ni trompette.
Dans le troisième container, on jette les puces recalées, on étiquette "poubelle" et on peut éventuellement expédier, mais alors seulement chez ...

Si la demande en "Géranium 200" devient tsunamiesque, on franchit alors encore un cap dans l'entourloupe la faculté d'adaptation. On pioche copieusement dans le premier container, on bride délibéremment les spécimens prélevés afin de dissuader les overclockeurs du dimanche, et on expédie le tout, heureux et fier d'avoir ainsi si bien assouvi la demande du marché.
Et voilà expliqué pourquoi se baladent dans nos machines des processeurs si différemment identiques.

Quoi qu'il en soit, n'espérez pas multiplier par deux la fréquence de travail effective de votre processeur grâce à l'overclocking. Le gain moyen à espérer est rarement supérieur à 15-20%, même si certains grands déments affirment avoir atteint des gains de 150% !
 

 

Les risques de l'overclocking

Soyons très clair: le grand risque de l'overclocking reste la détérioration irréversible des différents composants de votre ordinateur. Détérioration rarement brutale (style "BOUM" ! Plus rien), sûrement plus insidieuse (style agonie discrète) mais en tout cas, soyez-en sûr(e), absolument pas couverte par la garantie constructeur.

Voyons ensemble les possibles symptômes d'un overclocking trop ambitieux:

  • Accès de fièvre...
    La première cause de décès des puces overclockées, c'est le coup de chaleur. En effet, l'augmentation de sa fréquence de fonctionnement entraîne mécaniquement une élévation de la température à l'intérieur de la puce, ce que celle-ci supporte plutôt bien mais seulement jusqu'à un certain point au delà duquel l'accès de fièvre risque de dégénérer en une crise d'électromigration.
     
    A la base du phénomène, les incessants va-et-vient de courants électriques à l'intérieur des interconnexions métalliques. A force de se trouver ainsi balayés par des électrons indécis, certains atomes du métal craquent nerveusement et se font prestement la malle, ce qui n'augure rien de bon pour la longévité de votre machine...
     
     
  • Confusions mentales...
    En augmentant la cadence de travail imposée au processeur, vous augmentez d'autant sa charge de travail avec le risque d'outrepasser ses capacités intrinsèques. Ainsi mise sous pression, votre puce peut alors s'emmêler les pinceaux au cours de ses diverses tâches électroniques, avec pour conséquence des plantages intempestifs au beau milieu de vos programmes.
     
  • Sautes d'humeur...
    Autre dommage collatéral de l'overclocking: l'instabilité de l'ordinateur entier. En effet, vous savez désormais qu'en accélérant l'horloge de la carte mère, vous accélérez simultanément le bus système ainsi que vos bus d'entrées/sorties qui se synchronisent directement ou indirectement sur sa cadence. Certaines cartes, voire même certaines mémoires, supportent mal ce doping imposé et vous le feront savoir en plantant frivolement.
     
  • Catatonie...
    Le signe le plus expressif que peut vous envoyer une puce franchement trop sollicitée, c'est encore la franche bouderie. La bête refusera alors carrément de démarrer, vous obligeant à une réanimation musclée puis à revoir à la baisse vos prétentions overclockineuses.

Quand bien même votre processeur semblerait parfaitement supporter sa nouvelle fréquence de fonctionnement, soyez bien conscient(e) toutefois que ce forcing imposé ne contribuera pas à rallonger sa durée de vie. Celle-ci étant normalement prévue pour plusieurs décennies, c'est-à-dire bien plus longtemps que la durée de vie marketing d'un processeur, un petit vieillissement prématuré ne devrait donc toutefois pas vous inquiéter outre mesure.

Vous l'avez donc compris et ne venez pas dire qu'on ne vous avait pas prévenus: l'overclocking a quand même un petit air de roulette russe !

 

Dopage d'une puce: mode d'emploi

Règle n°1: Bien connaître son sujet

Comme nous l'avons déjà précisé, la marge d'overclocking est extrêmement variable d'un processeur à l'autre. Deux processeurs du même constructeur, du même nom, voire cadencés à la même fréquence, peuvent très bien ne pas démontrer les mêmes aptitudes au surfréquençage. 

En effet, le seul nom "commercial" d'un processeur ne renseigne que partiellement sur sa vraie nature car tout au long de son exploitation, différentes améliorations de son architecture voient le jour. Les fondeurs appellent core steppings ("versions de noyau") ces variantes successives. Dès lors qu'un processeur bénéficie de perfectionnements jugés significatifs, son core stepping est modifié en conséquence, sans que le nom générique du processeur ne change pour autant.
Sachant ceci, il est facile de comprendre que le potentiel d'overclocking d'un processeur sera très intimement lié à son core stepping.

Intel et AMD sont très heureux de GRATUITEMENT vous proposer leurs logiciels maison d'identification processeur.

La première très sage décision va donc consister à identifier la version de noyau du processeur que l'on s'apprête à stimuler.
Le plus simple pour cela est encore de se servir d'un petit utilitaire de diagnostic comme il en existe beaucoup sur Internet. Généralement, celui-ci identifiera votre processeur via son CPUID, série de codes précisant son constructeur, son type, et, bien sûr, son core stepping.
 

Le (très gros) problème est que la puce se sépare rarement d'un gros ventilateur qui masque alors complètement ces inscriptions. Or, nous tenons à vous le préciser, tenter de séparer la puce de son ventilateur est une manoeuvre plutôt osée.
Z'êtes vraiment sûr(e) de ne pas vouloir essayer un petit utilitaire de diagnostic avant ?

L'autre méthode, beaucoup moins high-tech et un chouia aléatoire, est d'ouvrir le capot de sa machine, localiser son processeur et relever les codes d'identification inscrits à sa surface.
Sur les processeurs Intel, par exemple, un code à cinq caractères baptisé sSPEC permet, par simple consultation du support en ligne, d'identifier les caractéristiques techniques de la bête.
Pour les processeurs AMD, le site du constructeur ne proposant aucun moyen facile d'accéder à ces informations, on se repliera sur d'excellent sites tiers.
 

Règle n°2: Monter au grenier

...Puisque c'est sûrement là que vous avez entassé le manuel de la carte mère qui accompagnait normalement votre ordinateur.

La carte mère est le support nourricier de votre puce qui vient s'y enficher afin d'être alimentée en courant électrique ainsi qu'en données en provenance des autres organes de l'ordinateur.
Bien connaître les caractéristiques de votre carte mère va nous permettre d'évaluer son potentiel et ses éventuelles limites vis-à-vis de vos velléités surcadenceuses.

Très concrètement, les trois principaux paramètres liés à l'overclocking sont directement manipulables à partir de la carte mère, à savoir:

  • La fréquence d'horloge du bus processeur,
  • Le coefficient multiplicateur appliqué au processeur,
  • La tension d'alimentation appliquée au processeur.

Première constatation: toutes les cartes mères ne permettent pas de jouer sur ces trois paramètres. Certaines, inflexibles, ne prévoient même aucun moyen de modification alors que d'autres - bien évidemment les plus prisées par les power users - autorisent de jouer sur toutes ces variables.
Par ailleurs, les limites à l'overclocking ne sont pas toutes dues à la carte mère. En effet, certains processeurs voient leur coefficient multiplicateur expressément bloqués en usine afin de décourager toute tentative de surcadençage.
 

Pour faire simple, le BIOS est une sorte d'interface logicielle permettant le paramétrage de la carte mère. L'accès à ce BIOS ne peut se faire qu'un court instant lors du démarrage de la machine, par l'appui d'une touche prédéterminée selon le fabricant de la carte.

N'en déplaise au nombre de points que vous a laissés un certain Nicolas S., nous pouvons vous assurer que vous êtes un excellent conducteur et que toute intervention sur un cavalier doit donc être tentée ordinateur débranché.

Deuxième constatation: toutes les cartes mères n'offrent pas le même accès à ces paramètres modifiables. Si la plupart des modèles récents, dites jumperless, permettent de modifier ceux-ci par le seul intermédiaire du BIOS, les cartes plus anciennes réclamaient généralement une dextérité de gynéco croupier pour aller débrancher et rebrancher à des endroits déterminés de la carte mère de minuscules contacts électriques très scientifiquement conçus pour vous glisser des doigts et appelés cavaliers (jumpers au-delà des mers).
 

Impétueux(se) comme vous êtes, vous avez jeté à la poubelle cette notice de toute façon incompréhensible ? Pas de panique, vous pourrez sans problème la retrouver sur le site Internet du fabricant de votre carte mère. Pour connaître celui-ci, le plus simple est encore de lire la notice de votre carte mère.
Mais non, je déconne ! Le plus simple est de surveiller attentivement les inscriptions qui s'affichent rapidement sur l'écran lors du démarrage de l'ordinateur, puis de se tourner éventuellement vers un petit logiciel d'identification.
L'autre solution, plus pénible, est d'aller voir de visu sur la carte mère cette information cruciale. Mais vous devinez qu'il faudra alors vous servir d'un tournevis...

Dans les deux cas, néanmoins, la notice accompagnant votre carte mère est indispensable afin d'éviter d'emblée les très grosses bétises.
 

Règle n°3: Bidouiller

Bon bin... Nous y v'là... Si vous êtes toujours sûr(e) de vouloir taquiner la puce, on va y aller...

Quoiqu'il s'avère très délicat d'établir un processus type d'overclocking, l'auteur de ce site, ne reculant devant aucun truc fou afin de satisfaire ses trois lecteurs, va néanmoins s'y risquer.
Respect, silence et admiration muette.

Conseil n°1: On ne sait jamais...
Bien sauvegarder toutes ses données importantes. Ça tranquilise toujours son homme.
 

Conseil n°2: Le jeu et la chandelle.
Et oui ! Vous pourrez toujours faire les fiérot(e)s et clamer au monde que vous avez réussi l'overclocking parfait, mais comment être sûr(e) que le jeu en valait vraiment la chandelle ?
Afin de dissiper l'affreux doute, le plus simple est encore de réaliser un benchmark le plus complet possible de votre machine avant et après l'entreprise. Vous pourrez alors faire un simple rapport d'efficacité bien chiffré et, le cas échéant, rire ou pleurer selon le quotient obtenu.
 

Conseil n°3: Garder la tête froide !
Il y a une petite formule toute bête que tout overclockeur devrait connaître: Q = K.F.T²
Formule toute bête, donc, mais qui nous rappelle que la chaleur émise par un processeur (Q) est directement proportionnelle à sa fréquence de fonctionnement (F), au carré de sa tension d'alimentation (T) et à une constante (K) de toute façon insensible à tous nos bidouillages.

Non c'était juste pour s'assurer que vous aviez bien lu la phrase ci-contre.

La conséquence à tirer de cette vérité très mathématique est évidente: Prévoyez un système de ventilation d'autant plus puissant que votre overclocking risque d'être ambitieux.

En effet, même si votre processeur vous a été livré avec un joli ventilateur qui tourne, n'oubliez pas que ce ventilateur dispose d'un pouvoir de refroidissement limité et probablement conçu pour le processeur fonctionnant à sa fréquence "officielle". Or, nous avons vu que qui dit plus grande fréquence de fonctionnement dit obligatoirement dégagement supplémentaire de chaleur, et il est primordial que votre processeur reste dans une plage raisonnable de température ambiante.

 

Conseil n°4: Petits pas petits pas...

Si vous n'avez rien sauté pour parvenir jusqu'à cette ligne, vous ne serez pas surpris(e) d'apprendre qu'il existe deux moyens directs de surfréquencer votre processeur: soit augmenter la fréquence d'horloge de sa carte mère (ou du bus système, c'est la même chose), soit augmenter son coefficient multiplicateur.
Ceci dit, la question essentielle est: augmenter la fréquence, d'accord ! Mais de combien ?
La réponse, limpide, est la conclusion des longs travaux du professeur F. Raynaud: "ça dépend !"

Mieux encore, il pourra être judicieux de diminuer quelque peu le coefficient multiplicateur si cela nous permet de gagner quelques mégahertz supplémentaires sur le bus système.

Chose essentielle à savoir: de deux processeurs identiques, celui disposant de la plus grande fréquence horloge sera très généralement le plus performant. En d'autres termes, inutile d'aller abaisser la fréquence d'horloge pour mieux la multiplier ensuite; la chose serait au mieux inutile, et au pire contre-productif.

Si votre carte mère vous le permet, la méthode la plus sûre est la méthode dite "Petipapetipa". En clair, vous augmentez petit à petit la fréquence d'horloge de votre carte, et à chaque modification, vous rebootez votre machine afin de voir si la bête semble tenir le choc.
Si vous êtes du genre consciencieux, vous pouvez même lancer après chaque tentative un logiciel de test matériel, comme il en existe tant sur le Net, afin de vous assurer plus "scientifiquement" de la bonne marche du système.

Si tout semble fonctionner normalement, vous pouvez alors envisager de tirer un peu plus sur la ficelle. Si, au contraire, l'ordinateur se comporte anormalement ou se bloque sans raison apparente, nous pouvons alors faire preuve de sagesse et revenir au dernier réglage, ou faire preuve d'obstination et continuer de jouer à l'apprenti sorcier...
 

Il est temps, à ce stade, de rappeler comme ça en passant notre bête formule mathématique Q=K.F.T². Si vous persévérez néanmoins dans cette voie, accordez-vous un peu de réflexion en relisant notre étape 2 ci-dessus.

Dans tous les cas, évitez absolument de survolter votre processeur au delà de 0,2-0,3 V par rapport à son voltage "physiologique".

Conseil n°5: La tension monte...
Si votre ordinateur démarre très normalement mais se bloque par la suite, il est possible que le dysfonctionnement soit la conséquence d'une trop grande "instabilité" de votre processeur.
Une méthode très efficace mais également très osée afin de stabiliser quelque peu celui-ci, si votre carte mère le permet, consiste alors à augmenter très légèrement la tension électrique délivrée à votre processeur.
 

Conseil n°6: J'ai la mémoire qui flanche...
Si votre ordinateur continue de hocqueter malgré le petit coup de fouet électrique que vous venez d'infliger à votre processeur, il est alors envisageable que le problème provienne de votre mémoire. Puisque celle-ci calque son fonctionnement sur le signal d'horloge, il se peut en effet que celle-ci peine à délivrer les données qu'on lui réclame dorénavant plus rapidement.

Vous comprenez bien qu'à ce niveau, ce n'est plus seulement votre processeur que vous entraînez dans vos combines aventureuses, mais également votre mémoire...

Pour s'assurer de la pertinence de ce diagnostic, vous pouvez vous rendre encore une fois dans le BIOS mais vous pencher cette fois sur les paramètres de la mémoire. Le but sera ici de rendre celle-ci la plus fiable possible, en abaissant au minimum tous les paramètres responsables de son fonctionnement. Pour ce faire, rendez-vous dans la section "Chipset features" et placez les options "DRAM Acces Time" à la valeur minimale et "DRAM Latency" à la valeur maximale.
Redémarrez et constatez.

Si l'ordinateur semble avoir retrouvé sa stabilité d'antan, une forte présomption planera alors sur la mémoire, celle-ci étant manifestement incapable de suivre le rythme que vous voulez lui imposer.
A ce stade, quatre possibilités s'offrent alors à votre plein et entier libre-arbitre:

  • Si vous avez la sagesse du Bouddha, vous tempérez vos ambitions hertziennes afin de pouvoir remettre votre mémoire à ses précédents paramètres;
     
  • Si vous êtes issu(e) d'une
  • famille plutôt aisée, vous pouvez envisager de remplacer toute la mémoire installée sur le système par de la mémoire plus performante, en espérant que cette dernière vous permettra de franchir l'obstacle.
     
  • Si vous êtes du genre persévérant et que votre carte mère vous permet de désynchroniser les fréquences de votre mémoire et de votre bus processeur, vous pouvez alors tenter la manoeuvre, mais assurez-vous ensuite que votre machine se révèle effectivement plus performante qu'avant l'overclocking, car une mémoire asynchrone est généralement (et somme toute très logiquement) moins efficace.
     
  • Si vous êtes du genre obstiné, et que votre carte mère vous le permet, une troisième possibilité, que j'ose à peine évoquer, consiste à augmenter un chouia la tension d'alimentation de votre mémoire, toujours dans le but de stabiliser un peu l'ensemble.
    Mais nous ne répondons plus de rien depuis déjà belle lurette...
     

Conseil n°7: Excès de vitesse de vos bus...
Malgré vos efforts de stabilisation du processeur et de la mémoire, votre ordinateur persiste à faire preuve de pénibles sautes d'humeur ? Il faut alors envisager qu'un (ou plusieurs) de vos bus commet un excès de vitesse caractérisé.

En effet, n'oublions pas que l'augmentation de la fréquence d'horloge se traduit automatiquement par l'augmentation de la cadence de travail de votre processeur et de votre mémoire, bien sûr, mais également, de manière indirecte, sur la vitesse de vos bus d'entrées/sorties et, donc, sur la cadence de travail imposée à toutes les cartes connectées à eux. Certaines cartes supporteront sans peine cette surcharge de travail, mais d'autres, plus mémères, rechigneront et vous le feront alors savoir en boudant.

Une manière très simple de vérifier cette hypothèse voire, peut-être, d'y remédier, consistera simplement à activer, si elle existe, la fonction PCI lock de votre carte mère. Celle-ci, en forçant les bus d'entrées/sorties à rester bloqués sur leur fréquence normale de fonctionnement, peut contribuer à rétablir la belle harmonie au sein de votre tour blanche.
Profitez-en, alors, pour vérifier que les performances globales de votre nouvelle machine ne pâtissent pas trop de cette limitation de vitesse imposée.
 

Procédure d'urgence: Réanimation et électrochoc.

Et voilà ! Ce qui devait arriver est arrivé ! Enivré(e) par la moiteur de l'air chaud exhalé par le ventilateur de votre machine, vous avez laissé le côté obscur de l'overclock submerger votre bon sens légendaire et placé la barre si haut que votre ordinateur préféré en est resté tout bloqué, incapable de redémarrer.
La question est alors: comment accéder au BIOS et remettre vos paramètres à leur état originel si la bête refuse ainsi obstinément de vous y laisser avoir accès ?

Une fois encore, nous ne pouvons que vous conseiller de tripoter votre matériel qu'une fois l'ordinateur débranché afin que ce premier contact ne provoque un coup de foudre un peu trop violent.

Heureusement, il existe une procédure de réanimation prévue pour ce genre de syncope très spectaculaire, et ça, c'est la bonne nouvelle. La mauvaise, c'est qu'il vous falloir pour cela replonger dans votre manuel de carte mère, et, à l'aide de vos petits doigts agiles, dévisser les petites vis à l'arrière de votre boîtier puis accepter d'entrer en contact physique avec les tripailles de votre animal domestique.

Le but: trouver l'option Clear CMOS sur le manuel de votre carte mère et localiser sur cette dernière le cavalier correspondant. En déplaçant ce cavalier en position "effacement" avant de relancer votre machine, vous allez délibérement provoquer l'effacement d'une petite mémoire située sur la carte mère et expressément chargée de mémoriser les paramètres de votre BIOS.

Hélas, tous les éventuels réglages de votre BIOS que vous aviez patiemment établis afin de rendre votre machine plus performante seront définitivement perdus !
Condoléance et recueillement.

De même, une fois votre machine remise sur pattes, n'oubliez pas de repositionner précautionneusement votre cavalier à sa position originelle ou tous les éventuels réglages que vous pourriez rétablir par la suite dans votre BIOS ne seront jamais sauvegardés !

Réinitialisée de cette manière, votre carte mère va dès lors retrouver ses réglages d'usine et ce "lavage de cerveau" purificateur devrait vous permettre de retrouver une machine vierge et prête à repartir.

Hélas, si la bestiole refuse toujours de démarrer, il vous faut alors envisager la possibilité qu'un ou plusieurs organes de votre ordinateur ait mal vécu vos expériences démoniaques. Et si le triste diagnostic se précise, il y a fort à parier que votre dernière tentative d'overclocking s'achève par le rachat d'un tout nouveau biniou .

Quelle joie alors, dans votre malheur, d'avoir scrupuleusement suivi notre conseil n°1.

 

Règle n°4: Le stress utile ?

Le point d'interrogation ponctuant cette dernière règle revêt ici une importance cruciale car alors que nous nous promenions déjà sur des terres hasardeuses, nous allons faire un pas supplémentaire vers l'inexploré et pénétrer sur des terres encore plus incertaines, très mal défrichées, et, bien sûr, ô combien dangereuses.

Certains power users l'assurent, la main sur le coeur: un rodage, s'il est bien maîtrisé, peut sensiblement augmenter le potentiel d'overclocking de certains processeurs.

Bien... pourquoi pas ? Mais au fait, qu'est-ce-que c'est, en informatique interlope, qu'un rodage bien maîtrisé ?
Et au fait, en passant, qu'est-ce-que c'est qu'un rodage de processeur ?

En quoi consiste un rodage de processeur ? Et bien c'est un peu comme pour une voiture, mais exactement l'inverse ! En clair, vous soumettez plusieurs jours durant votre processeur à un programme monstrueusement exigeant (type benchmark complet ou démo de jeu bien 3D) et celui-ci est censé "s'habituer" au surmenage provoqué et mieux réagir par la suite à un overclocking ambitieux.

Le procédé, à mi-chemin entre entraînement militaire et mithridatisation au stress, s'apparente en fait à une technique bien connue des fondeurs appelée annealing. Celle-ci consiste à surchauffer les galettes de silicium afin de réduire au minimum les défauts de la structure cristalline du métal et favoriser par la suite leur dopage, étape essentielle à l'obtention d'un parfait semi-conducteur prêt pour le service.

Ceci dit, maintenant, que peut-on appeler un rodage bien maîtrisé ?
Il s'agit pour l'essentiel d'un rodage raisonnable, et ce degré de "raisonnabilité" se mesure très directement par la température à l'intérieur de la puce. Le but étant ici de faire suer le processeur sans le tuer, un monitoring très scrupuleux doit être mis en place, l'objectif étant de demeureur dans une plage "raisonnable" de température et minimiser ainsi les risques d'électromigration funeste.

A ce stade, nous ne pouvons que vous inviter à relire à tête reposée notre conseil n°5....

Si malgré le traitement que vous lui faites subir, votre processeur persiste à plafonner à des températures "normales", vous pouvez alors pousser le vice et augmenter un chouia sa tension d'alimentation.

Mais qu'est-ce que je dis là !

 

Enfin bref...

Comme le disait Confucius sur sa montagne, "l'overclocking, c'est accepter pour l'homme de perdre des dizaines d'heures afin de faire gagner à la puce quelques millisecondes."
Bref, un petit peu le monde à l'envers, quoi...

Quoi qu'il en soit, l'overclocking est un domaine si vaste et si pointu que de très nombreux sites Internet se sont spécialisés dans la compilation de conseils et de statistiques relatifs à ces techniques. Soyez bien sûr(e) néanmoins qu'aucun d'entre eux ne participera au rachat de votre ordinateur si celui-ci venait à mal supporter vos velléités d'overclocking.

Comme nous vous l'avons déjà dit, la marge exploitable pour le surcadençage d'un processeur est extrêmement variable. Néanmoins, certaines puces sont connues pour mieux se prêter au "jeu" que d'autres.
Au contraire, certains modèles ont été spécialement conçus pour décourager toute tentative d'overclocking, mais l'imagination des "power users" n'a quasi pas de limites pour contourner à peu près toutes les protections imaginées.

Le plus simple, encore, pour bien apprécier le potentiel d'overclocking de votre puce, c'est de soumettre à Google une requête du type "Celeron Overclocking" et de se baisser pour ramasser conseils et retours d'expérience.

Bon courage.

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