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Les Premiers Processeurs Grand Public (P1-P5)
Alors voilà... Faire débuter l'histoire de l'informatique aux années
1970 est une grande injustice. Injustice pour l'anonyme inventeur du
boulier,
pour Blaise Pascal [1623-1662] et sa machine arithmétique, pour
Joseph Jacquard [1752-1834] et son métier à tisser automatique,
pour Charles Babbage [1792-1871] et ses cartes perforées, pour
Johannes von Neumann [1903-1957], génial théoricien de l'informatique
moderne, et pour tant d'autres génies. Nous allons néanmoins commettre cette injustice et faire débuter notre "Historia processorum" par le premier rejeton "petit public" de Intel, le microprocesseur 4004, véritable dinosaurien de l'ère pré-pentiumique. Welcome to "Processic Park" ! Au commencement était (déjà) Intel...INTEL: Trois hommes et un coup finLes pères fondateurs: Bob, Gordon et Andy
En avril 1969, les trois hommes sortent le Champagne californien: une société
japonaise, Busicom, vient de faire appel à leurs services afin de
concevoir l'électronique d'un calculateur de bureau en projet.
Les affaires démarrent !
Le bébé: le machin-chose 4004
Mais pourquoi un tel enthousiasme ? John Mauchly [1907-1980]
et John Presper Eckert [1919-1995] n'avaient-ils pas déjà inventé l'ordinateur
- ou un truc du style - en concevant l'
Les caractéristiques techniques du 4004 ? Malgré ses 2.300 transistors, le 4004 est basé sur la juxtaposition d'une unité de calcul et d'une unité de contrôle, soit à peu près la même ossature que nos binious de ce début de troisième millénaire. Bon ! Il est vrai que le 4004 n'est pas un foudre de guerre, même pour l'époque. Mais son coût et ses dimensions, incontestablement rikikesques par rapport à ses obscurs prédécesseurs, font de lui le timide éclaireur de la grande offensive des puces à destination du "grand public". Le coup fin: Intel vs Buse i-comMais voilà ! Entretemps, la firme Busicom connaît de légers problèmes
de trésorerie et demande de renégocier son contrat de partenariat.
Chez Intel, vaguement conscients du petit potentiel de leur rejeton,
on accepte de rembourser les frais de recherche consentis par Busicom
(60.000 $)
en contrepartie de la totalité des droits industriels et commerciaux
sur le 4004. L'autre coup de chance de la société Intel est l'embauche d'un tout nouveau directeur commercial, Ed Gelbach, transfuge de la société Texas Instruments et excellent connaisseur du marché naissant des semiconducteurs. En prenant possession de son bureau, celui-ci n'est pas long à percevoir le potentiel colossal du 4004. Le 15 novembre 1971, une publicité insérée
dans la revue "Electronic
News" proclame une "ère nouvelle pour l'électronique
intégrée". Intel
y annonce la sortie de son 4004 sous le nom plus pétant de "MicroComputer
System-4" (MCS-4).
Adam 8008 et Eve 8088
Deux années passent encore et Intel matérialise ses
nouveaux progrès sous la forme d'une nouvelle puce, plus aboutie
et plus mature. Son nom: Intel 8080.
Le succès de la puce 8080 est tel que nombre de concurrents se lancent dans la commercialisation de véritables clones de la bestiole, avec ou sans l'autorisation de Intel qui, de son côté, multiplie les partenariats avec des "assembleurs", sociétés spécialisées dans la commercialisation d'ordinateurs complets.
Dans le sillage de l'Altair, une jeune société du nom de Digital Research lance un langage-programme-système de contrôle totalement novateur: le CP/M (Control Program/Microcomputer), premier véritable système d'exploitation digne de ce nom, tandis qu'une autre petit boîte fondée par William Gates et Paul Allen, Microsoft, profite de l'engouement du public pour la micro-informatique naissante pour concevoir un langage de programmation simpliste baptisé BASIC. En 1976, une autre jeune pousse du nom de Zilog améliore sensiblement la puce 8080 et donne le nom de Z-80 à son processeur maison. Immense succès commercial (pour l'époque), le Z-80 détourne toute une génération d'adolescents ombrageux des boums disco-paillettes de fin d'années, et autres samedis soirs enfiévrés sur le dance-floor. Bref, une génération de futurs informaticiens. Quelques mois plus tard, deux jeunes californiens à la main verte décident de sortir de leur garage pour faire prendre la lumière à une toute nouvelle variété de pomme. Steve Jobs et Steve Wozniak viennent de fonder la société Apple.
P1 - Première génération de
processeurs:
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Caractéristiques |
Processeur 8086 | Processeur 8088 |
|---|---|---|
Date de sortie |
Juin 1978 | Juin 1979 |
Nombre de transistors |
29.000 | |
Finesse de la gravure |
3 µm | |
Technologie utilisée |
Silicium P-channel (PMOS) + Silicium C-channel (CMOS) | |
Format de processeur |
Boîtier 40 broches DIPP sur socket | |
Voltage externe |
5 V | |
| 4,77 - 8 puis 10 MHz | 4,77 puis 8 MHz | |
Performance |
≈ 0,3 à 0,75 MIPS | |
| 16 bits | 8 bits | |
| 4 registres segment 16 bits (CS,
SS, DS, ES) + 6 registres généraux 16 bits Accumulateur 16 bits Registre d'état 16 bits (9 flags) Compteur ordinal 16 bits Pointeur de pile |
||
Architecture |
File d'attente 6 octets | |
| Coprocesseur optionnel 8087 | ||
Jeu d'instructions |
Jeu d'instructions 8086 | |
| 20 bits | ||
| 1 Mo de RAM | ||
Ports E/S (I/O ports) |
65.536 ports I/O 8 bits ou 32.768 ports I/O 16 bits | |
Le
processeur est si séduisant qu'il est choisi par
IBM pour équiper son nouvel ordinateur commercialisé
en 1981: le PC ("Personnal
Computer"). Pour la première fois,
le monde de l'informatique s'entrouvre au quidam qui, moyennant
1.500 $ environ, peut se procurer un ordinateur complet proche de
ceux que nous connaissons aujourd'hui, à savoir une unité centrale,
un clavier, un écran et un lecteur de disquettes.
Surtout, la grande idée de "Big Blue", surprenante
mais diablement habile, est de délibérement considérer son ordinateur
comme une architecture "ouverte",
c'est-à-dire
librement copiable par tous. De ce choix audacieux se nourrit la prodigieuse
diffusion de l'IBM PC, qui devient rapidement le standard de fait des
ordinateurs personnels.
Simultanément, dans le but de proposer une interface
logicielle à son
ordinateur, IBM confie à Microsoft le soin de lui fournir un système
d'exploitation de disque simple et accessible. Bill Gates effervesce,
et, s'inspirant plus ou moins du CP/M, rend une "copie" satisfaisante
appelée DOS ("Disk
Operating System").
Moins inspiré cette fois-ci, IBM accepte de laisser les droits d'exploitation
du DOS à Microsoft qui, surfant sur le succès planétaire du PC, distribue
à tire-larigot ses licences en engrangeant les biffetons.
En 1982, Intel persiste à exploiter le filon 8086/8088 en en proposant deux versions améliorées: le 80186 (bus de donnée 16 bits) et le 80188 (bus de donnée 8 bits). Plus rapides (10 et jusqu'à 40 MHz) et complètement réhabillées dans un boîtier céramique 68 broches, les puces furent peu exploitées comme processeurs centraux mais incluses dans de nombreux dispositifs périphériques.
Malgré le relatif demi-échec de sa puce 8086, Intel continue
de croire que l'avenir appartient aux processeurs 16 bits. Cette ferme
conviction pousse la firme à concevoir le processeur 80286 qui,
bien que 100% compatible avec le 8088, grâce à un double mode d'adressage
mémoire, renoue sans vergogne avec un bus de donnée de
16 bits.
Cette rétro-compatibilité avec le 8088 est l'argument massue
qui convainc IBM de poursuivre sa coopération avec Intel: le 286,
c'est le diminutif du dernier-né, est choisi pour équiper son
nouvel ordinateur: le PC-AT ("Personal
Computer - Advanced Technology").
Le succès du PC-AT est tel que de nombreux fabricants se lancent dans
la mise au point de véritables clones commercialisés sous le nom
de "compatibles AT", sous-entendu compatibles
avec le processeur 80286 de Intel qui, en multipliant les licenses d'exploitation, grimpe
peu à peu dans les charts du Wall Street Journal.
Caractéristiques |
Processeur 80286 |
|---|---|
Date de sortie |
Février 1982 |
Nombre de transistors |
134.000 |
Finesse de la gravure |
1,5 µm |
Technologie utilisée |
Silicium C-channel (CMOS) |
Format de processeur |
Boîtier 68 broches PGA sur socket, ou LCC |
Voltage externe |
5 V |
| 6 à 20 MHz | |
Performance |
≈ 1,3 à 3 MIPS |
| 16 bits | |
| 4 registres segment 16 bits (CS, SS, DS, ES) 6 registres généraux 16 bits Accumulateur 16 bits Registre d'état 16 bits (9 flags) Compteur ordinal 16 bits Pointeur de pile |
|
Architecture |
File d'attente 8 octets |
Coprocesseur |
Coprocesseur 80287 optionnel |
Jeu d'instructions |
Jeu d'instructions 8086 |
| 24 bits | |
| 16 Mo | |
Ports E/S (I/O) |
65.536 |
En quelques années, le parc
mondial des ordinateurs "compatibles PC" est devenu tel que
Intel ne peut déjà plus se permettre de concevoir de
nouveaux processeurs qui ne seraient pas compatibles avec ses anciens
modèles.
Afin d'assurer cette continuité avec l'existant, la
firme est dès
lors contrainte d'obéir à une obligation de "compatibilité
ascendante" qui bridera pour longtemps ses velléités pionnières.
Quelques mois plus tard, la société Apple sort un petit bijou de design et d'ergonomie qu'elle a baptisé Macintosh. La bête, technologiquement et esthétiquement révolutionnaire, conquiert immédiatement un large public d'initiés dont beaucoup resteront indécrottablement fidèles à la marque fruitière.
Nous sommes en 1984, Bill Gates continue de se paisiblement dorer les gonades...
Les choses se mettent doucement en place dans l'univers en
formation de l'informatique domestique: alors que Intel égrène
les évolutions
de son architecture 80x86, IBM continue d'inspirer les fabricants de
clones de ses célèbres
PC et Microsoft distribue à qui mieux-mieux ses licences MS-DOS.
La vie s'annonce déjà difficile à tous ceux qui ne se soumettent
pas aux humeurs de ces trois géants là...
C'est
en 1985 que Intel dévoile son processeur 80386.
Encore une fois, un cap a été franchi car le "386",
version DX, se
révèle être le premier processeur véritablement
32 bits.
Tout comme lors du basculement des 8 bits vers les 16 bits, l'histoire
se répète pour Intel. Encore une fois, le grand public
prend peur devant le 386 et ses 32 bits rutilants. De la même manière
qu'avec le 8088, la firme décide de faire demi-tour et de décliner
une version
"économique" de son monstre
trop osé, puce bémolisée qu'elle dénomme 386SX.
Caractéristiques |
Processeur 80386 DX | Processeur 80386 SX |
|---|---|---|
Date de sortie |
Octobre 1985 | Juin 1988 |
Nombre de transistors |
275.000 | |
Finesse de la gravure |
1,5 puis 1 µm | 1,5 µm |
Technologie utilisée |
Silicium C-channel (CMOS | |
Format de processeur |
Boîtier 132 broches PGA sur socket | Boîtier 132 broches QFP |
Voltage externe |
5 V | |
| 16 - 20 - 25 - 33 MHz | ||
Performance |
≈ 5 à 10 MIPS | |
| 32 bits | 16 bits | |
| 6 registres segment 16 bits + 8 registres
généraux
32 bits Accumulateur 32 bits Registre d'état 32 bits Compteur ordinal 32 bits Pointeur de pile |
||
Architecture |
File d'attente 16 octets |
|
| Coprocesseur optionnel 80387 | ||
Jeu d'instructions |
Jeu d'instructions 8086 | |
| 32 bits | 24 bits | |
| 4 Go de RAM | 16 Mo | |
Ports E/S (I/O ports) |
65.536 | |
Notez que Intel commercialisa une troisième version de son processeur en octobre 1990: le 386EX (ou SL). Considérablement enrichie en transistors (855.000), cette version "low-voltage" se distinguait surtout par un dispositif de gestion de l'alimentation et une tension de fonctionnement abaissée à 3,3 V.
Quoique les fréquences brutes de fonctionnement du processeur 80386 n'aient pas
été considérablement améliorées par
rapport à son prédécesseur, les performances
générales de la puce de Intel séduisent la société Compaq qui
en équipe son ordinateur Deskpro 386, ainsi que IBM, partenaire fidèle, qui l'associe à son
petit dernier: le PS/2.
Quelques
mois après son repli vers les 16 bits, Intel revient à la charge
avec ses 32 bits et présente
son processeur 80486 en
1989, l'annonçant d'emblée deux fois plus puissant que
son prédécesseur.
Pour parvenir à ce résultat heureux, la firme a imaginé de
réelles avancées technologiques: pipeline allongé, inclusion
de mémoire cache, coprocesseur intégré...
Répétant ce qui est devenue une volontaire stratégie marketing, Intel
décline son bébé en deux modèles: une version "luxe" (486DX)
et une version d'entrée de gamme (486SX).
Caractéristiques |
Processeur 80486 DX | Processeur 80486 SX |
|---|---|---|
Date de sortie |
Avril 1989 | Septembre 1991 |
Nombre de transistors |
1.200.000 | 900.000 puis 1.200.000 |
Finesse de la gravure |
1,0 puis 0,8 µm | |
Technologie utilisée |
Silicium C-channel (CMOS) | |
Format de processeur |
Boîtier 168 broches PGA sur socket 1, 2, 3 | |
Voltage externe |
5 V | |
| 25 - 33 -50 MHz | 16 - 20 - 25 - 33 MHz | |
Performance |
≈ 20 à 40 MIPS | |
| 32 bits | ||
| idem 80386 | ||
Architecture |
File d'attente 16 octets |
|
Mémoire cache |
Niveau 1: 8 Ko intégré Niveau 2: 0-256 Ko sur carte mère |
|
| 80487 Intégré | Coprocesseur 80487SX optionnel | |
Jeu d'instructions |
Jeu d'instructions 8086 | |
| 32 bits | ||
| 4 Go de RAM | ||
Ports E/S (I/O ports) |
65.536 | |
Tout comme son modèle précédent, Intel proposa des variantes "basse consommation" préfixées SX, GX et EX. Au total, près de vingt moutures différentes de 486 furent commercialisées par Intel, sans compter les inévitables clones issus de la concurrence.
En mars 1992, Intel inaugure une nouvelle technologie promise à un
brillant avenir: le
multiplicateur d'horloge qui,
enfin, permet au processeur de se désolidariser de la poussive fréquence
de travail de la carte mère en doublant (modèle 486DX2)
puis quadruplant (modèle 486DX4) cette dernière.
La puce vient de faire un grand saut en avant...
1993:
Intel ouvre le bal des processeurs de cinquième génération
en présentant au monde
son dernier-né: le 586 Pentium !
Mais pourquoi un tel hiatus dans une suite qui se déroulait
pourtant si bien ? Pour d'obscures raisons juridiques, Intel découvrant
qu'il lui était impossible de déposer légalement
un nombre.
Premier signe d'inquiétude de la part d'un leader zyeutant la concurrence
s'approcher dans les rétroviseurs ?
Caractéristiques |
Processeurs Pentium |
|---|---|
Date de sortie |
Mars 1993 à Juin 1996 |
Nombre de transistors |
3.100.000 puis 3.300.000 |
Finesse de gravure |
0,80 puis 0,60 puis 0,35 µm |
Technologie utilisée
|
CMOS bi-polaire |
Format de processeur |
Boîtier 273 broches PGA sur socket 4 puis Boîtier 296 broches SPGA sur sockets 5 et 7 |
Voltage |
5 V puis 3,3 V (mode standard) / 3.52 V (SRE) |
Performance |
≈ 1 MIPS / MHz |
| 64 bits | |
| 50 à 66 MHz | |
| 50 MHz (x1) à 200 MHz (x3) | |
| idem 80386 | |
Architecture |
Architecture superscalaire de 2 pipelines à 5 étages Tampon de prédiction de branchements à 256 entrées File d'attente: 2 x 32 octets |
Mode SMP |
2 |
Mémoire cache |
Niveau 1: 8 + 8 Ko intégrée Niveau 2: 256-512 Ko sur carte mère |
Coprocesseur |
Intégré à étages |
Jeu d'instructions |
Jeu d'instructions 8086 + extensions Pentium |
| 32 bits | |
| 4 Go | |
Ports E/S (I/O) |
65.536 |
Du côté des innovations, l'inauguration par Intel d'une architecture
superscalaire à deux pipelines, l'instauration d'une unité de
prédiction de branchement, le relookage de la mémoire
cache et un bus de donnée externe
porté à 64 bits, quoique continuant d'alimenter des registres
pour quelque temps encore bloqués à 32 bits.
Un détail d'importance: pour la première fois, Intel conçoit
un processeur capable de fonctionner en couple à l'intérieur
d'un même
ordinateur, et inaugure ainsi le mode SMP (Symetric Multi Processing).
Le Pentium fit couler beaucoup d'encre peu de temps après
sa sortie et pas seulement à cause de ses nombreuses innovations technologiques.
En effet, un bogue amusant se manifestait sur les premiers modèles
commercialisés
et se concrétisait, entre autres, sur les derniers chiffres significatifs
nés de divisions de nombres réels.
Même si Intel sut rapidement corriger les défauts de ses
processeurs suivants, la nouvelle fit grand bruit dans les chaumières.
Ainsi donc, un ordinateur pouvait se tromper !
Alors que les puces grandissent lentement sous l'oeil attendri
de leurs flea-bows californiens, gagnant toujours plus de puissance à chaque
nouvelle génération, de nouveaux
domaines
d'application s'entrouvrent aux ordinateurs qui s'attaquent désormais
plus franchement aux univers du son et des images. Les premiers logiciels
graphiques dignes de ce nom éclosent tandis que les cartes
audio ont déjà transformé le triste bip des premières
puces en véritables chants
polyphoniques.
Il est temps pour l'informatique moderne de prendre un nouveau virage...
Nous sommes en 1997. Intel pense avoir suffisamment amélioré sa
nouvelle puce pour l'affubler d'un nom bien à elle: Pentium
MMX, alias P55C.
L'architecture de la bête n'est pas révolutionnaire, mais, et c'est
là l'événement principal, l'animal comprend de nouveaux
mots
qui
lui
permettent de mieux manipuler les sons et l'image.
Bref, en termes beaucoup moins imagés, le processeur est doté d'un
nouveau jeu d'instructions baptisé MMX.
Caractéristiques |
Processeurs Pentium MMX (P55) |
|---|---|
Date de sortie
|
Octobre 1996 à Juin 1997 |
Nombre de transistors
|
4.500.000 |
Finesse de gravure
|
0,35 µm |
Technologie utilisée
|
CMOS bi-polaire |
Format de processeur
|
Boîtier 296 broches SPGA sur socket 7 |
Voltage
|
3,3 V (externe) - 2,8 V (noyau) |
Performance
|
≈ 1 MIPS / MHz |
| 64 bits | |
| 66 MHz | |
| 166 MHz (x2,5), 200 et 233 MHz (x3,5) | |
| idem 80386 8 registres 64 bits MMX |
|
Architecture
|
Architecture superscalaire de 2 pipelines à 6 étages Tampon de prédiction de branchements à 512 entrées File d'attente: 4 x 16 octets |
Mode multiprocesseur
|
2 |
Mémoire cache
|
Niveau 1: 16 + 16 Ko intégrée Niveau 2: 256-512 Ko sur carte mère |
Coprocesseur
|
Intégré |
Jeu d'instructions
|
Jeu d'instructions 8086 + extensions MMX |
| 32 bits | |
| 4 Go | |
Ports E/S (I/O)
|
65.536 |
Il est grand temps, en ce milieu des années 90, de vous parler de Advanced Micro Devices, petite société californienne plus connue sous le sobriquet de AMD.
Fondée en 1969 autour de Jerry Sanders, transfuge
de Fairchild Semiconductors (tiens, tiens... tout comme les "Pères
Fondateurs" de Intel), AMD est une simple startup comme il s'en
crée tant sous le soleil de la Californie, appâtée
par le prometteur marché des semiconducteurs.
Un an après sa création, la firme n'enregistre toujours aucune
vente mais continue de croire en ses capacités. Bien lui en prend puisque
cinq années plus tard, le chiffre d'affaires de AMD taquine les 27.000.000 $ et
permet de multiplier barbecues et fêtes de Noël du personnel.
Passé quelque temps à se positionner sur le marché des produits propriétaires, AMD se lance dans une habile campagne de recrutement ("Catch the Wave") et ouvre deux grandes usines de production à San Antonio et Austin. Ebranlée par la marée japonaise sur le marché des mémoires, AMD traverse alors quelques turbulences et décide de recentrer ses activités autour du microprocesseur.
Avec
ses puces Am386 puis Am486,
AMD s'était encore contenté de vivre dans l'ombre du géant
Intel, mais avec son processeur K5, la firme
de Sunnyvale affiche plus clairement ses ambitions: taquiner le "Dinosaure",
chatouiller le "Big Boss", bref piétiner les plate-bandes du
fondeur historique.
L'atout principal du K5: une architecture interne de type RISC
très performante, couplée à une interface CISC afin
de demeurer 100% compatible avec les processeurs Intel et ceci, à un
coût bien moindre que les créatures inteliennes.
Le petit défaut
de jeunesse du bébé: un coprocesseur arithmétique
encore un peu tendre...
Caractéristiques
|
AMD K5 (K-86) |
|---|---|
Date de sortie
|
Mars 1996 |
Nombre de transistors
|
4.300.000 |
Finesse de gravure
|
0,50 puis 0,35 µm |
Technologie utilisée
|
CMOS |
Format de processeur
|
Boîtier 296 broches SPGA sur sockets 5 et 7 |
Voltage
|
3.52 V |
Performance
|
? |
| 64 bits | |
| 50 à 66 MHz | |
| 75 MHz (x1,5) à 116 MHz (x1,75) | |
| idem Pentium | |
Architecture
|
Coeur RISC avec interface CISC Architecture superscalaire de 6 unités d'exécution Tampon de prédiction de branchements à 1.024 entrées File d'attente: 32 octets Exécution spéculative et out-of-order Renommage de registres |
Mode SMP
|
non |
Mémoire cache
|
Niveau 1: 8
+ 16 Ko intégrée Niveau 2: 256-512 Ko sur carte mère |
Coprocesseur
|
Intégré |
Jeu d'instructions
|
Jeu d'instructions 8086 émulé |
| 32 bits | |
| 4 Go | |
Ports E/S (I/O)
|
65.536 |
Dans les rétroviseurs de Monsieur Intel, un troisième larron pointe le bout de ses bits sur le marché des processeurs: Cyrix.
Fondée en 1988, la société Cyrix tente d'emblée de se positionner sur un créneau quelque peu déserté par Intel: le processeur "bon marché". La menace est si sérieuse que Intel n'hésite pas à multiplier les procès à l'encontre de ce trouble-fête qui l'oblige à abaisser le prix de ses propres puces. En dépit de procès tous perdus, le pilonnage juridique de Intel est prêt de réussir et ce n'est qu'au rachat in-extremis par la firme National Semiconductors que Cyrix peut, en 1997, continuer son noble combat.
C'est en 1996 que Cyrix entre en fanfare sur le marché aux puces avec son processeur 6x86, alias M1.
Quoique compatible avec le Pentium par son brochage et son voltage, le 6x86 de Cyrix n'est pas à proprement parler un clone de ce dernier, certains programmes et cartes mères se révélant même incapables de fonctionner avec celui-ci. Néanmoins, son coût, très inférieur à ceux des puces Intel, lui vaut un très beau succès commercial.
Enfin bref...
Et voilà comment le petit monde de l'informatique se met en place entre les années 70 et 90. Trois géants se sont imposés par le jeu de l'innovation, de l'habileté et des circonstances: Intel, Microsoft, IBM. Deux petits challengers ne demandent qu'à faire leurs preuves: AMD et Cyrix.
Bien évidemment, la cinquième génération de processeurs ne fut pas la dernière. L'aventure continue, toujours plus dense, toujours plus performante, avec la foisonnante génération P6.
Vous voulez de l'action à plusieurs gigahertz ? De
l'amour (pas beaucoup), de la haine (de pleines caisses), des rivalités
et des créatures de rêve siliconées ?
Ne ratez pas la suite de notre saga familiale...
Les
Processeur 32 bits Intel.
Les
Processeur 32 bits AMD.
To be continued...
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