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Le Bus ProcesseurAlors voilà... Imaginez un génie total. Quelque chose comme le fruit de l'accouplement en éprouvette d'une Marie Curie [1867-1934] et d'un Albert Einstein [1879-1955], avec Bernard-Henri et Arielle comme parrain marraine. Autant dire une bête d'amphi, un concentré neuronal, un machine à phosphorer mais qu'une malheureuse mutation aurait rendu autiste. Cette navrante métaphore vise simplement à montrer
combien l'intelligence, si lumineuse soit-elle, n'est rien
sans faculté de
communiquer. Bref, tout comme un cerveau normalement constitué se trouve relié au reste du corps par la moëlle épinière, le processeur est uni au reste de l'ordinateur par des connecteurs métalliques qui constituent le bus processeur. Ainsi coincé entre la puce et le monde extérieur, vous devinerez sans peine que le bus processeur est une zone d'hyperactivité électronique à laquelle il serait bien sot de ne pas s'intéresser, surtout que les ingénieurs y consacrent depuis quelque temps déjà toute leur bouillonnante attention.
Le bus impérialUn bus impossible à rater !Le bus processeur... Allez, ça y est ! On va encore nous
parler d'un truc dément, électronicopulsé ou tout comme,
commundesmortellement imbitable et si miniaturisé que quasi abstrait...
Ces quelques dizaines de petits organes phaliques,
soigneusement disposés pour harmonieusement s'enficher dans un support femelle
situé à la surface de la carte mère, constituent le brochage du
processeur.
Et bien hormis quelques unes de ces broches uniquement destinées à l'alimentation électrique de la puce, le bus processeur, c'est un peu ça ! Très concrètement et très visiblement.
Un bus, plusieurs lignes...Une
question vous turlupins peut-être: pourquoi tant de broches
afin d'assurer une simple connexion physique entre le processeur et le reste
de l'ordinateur
? En termes électroniques,
ces broches constituent les lignes du bus processeur, lignes par
lesquelles transitent ces signaux sous forme de simples courants électriques
bivalents, manifestations très physiques des célèbres
Autre
facteur participant à l'abondance des broches hérissant nos processeurs: la
multiplicité de ses interlocuteurs.
Au delà de cette configuration somme toute assez banale, certains ordinateurs plus sophistiqués peuvent également fonctionner en mode dit multiprocesseur. Comme son nom l'évoque assez bien, ce mode caractérise les ordinateurs abritant plusieurs processeurs gérant de concert les mêmes ressources de la machine. Dans ce cas très particulier, plus encore que pour le mode monoprocesseur classique, le bus processeur endosse une responsabilité critique dans les performances globales du système. Bon ! Maintenant que le décor a bien été planté, il est temps désormais de monter dans ce bus impérial. Le(s) bus processeurTrès morphologiquement parlant, le bus processeur est donc constitué par l'ensemble des lignes alimentant le processeur en données. Véritable "moëlle épinière" de l'ordinateur entier, le bus processeur est également appelé bus système, ou encore bus frontal, francisation un peu benette du Front Side Bus (FSB), comme l'appellent vos amis anglais. Quoi qu'il en soit, le bus processeur, si central soit-il, n'en reste pas
moins un Bus processeur = lignes de donnée + lignes d'adresse + lignes de commande
Le bus de donnée
La principale fonction du bus processeur étant l'échange d'informations, le rôle du (sous-)bus de donnée coule de source puisque ce sont par ses lignes que transitent toutes les données échangées entre le processeur et ses interlocuteurs habituels. De par le fait que les lignes de donnée se chargent du traffic le plus "évident" du bus processeur, à savoir les données elles-mêmes, il n'est pas rare que l'on confonde, volontairement ou non, le bus processeur dans son intégralité avec ce sous-bus de donnée.
Débit du bus de donnéeL'efficacité du bus de donnée se résume presque entièrement
dans un seul de ses paramètres, son Très techniquement parlant, ce bus de donnée est un En trente années de progrès technologiques, ces paramètres
ont très sensiblement
évolué dans un même but: accroître le débit
de ce bus fondamental, comme le montre ce tableau 100% synthétique:
Longtemps considéré comme un "goulot d'étranglement" dans le flux de données entre le processeur et la mémoire, les bus processeur actuels atteignent de tels débits que l'entonnoir s''est déplacé aujourd'hui vers la mémoire de l'ordinateur qui peine de plus en plus à assouvir les demandes démentielles en données des processeurs modernes.
Le bus de donnée à travers les âges...Comme l'habile tableau précédent vous l'a peut-être appris,
le débit du bus
de donnée a donc augmenté de quelque 540.000% en
l'espace de 25 ans. Vous vous doutez donc bien que le lascar a subi entretemps
une ou deux petites évolutions mineures... Le bus GTL: Grosso modo Trop Limité ?Le bus GTL (Gunning Transceiver Logic) est un peu le bus de prédilection de Intel puisqu'il équipe les processeurs de la firme depuis la nuit des temps, décliné sous diverses variantes: GTL+, AGTL ou AGTL+ (Assisted GTL). Sa version la plus aboutie a beau pulser jusqu'à 200 MHz en
Le bus EV6 en ligneEn 1999, AMD dévoile son processeur Athlon K7 qui, en plus de divers trucs
sympas, inaugure un tout nouveau bus processeur flambant neuf, mis au point
par la société Digital Equipment. Les caractéristiques de la bête sont séduisantes: fréquence
de fonctionnement jusqu'à 200 MHz en L'HyperBusAvec la sortie de son processeur Athlon-64, AMD décidait de frapper un grand coup et de dépoussiérer sans vergogne le vieux concept du bus système en lui substituant un bus révolutionnaire tout à la fois:
A. 2,8
Go/s
B. 5,6 Go/s C. 11,2 Go/s D. 22,4 Go/s Chez Intel, on se fait comme qui dirait de l'hypersouci...
Le bus d'adresseBon ! Un processeur manipule des données, d'accord, c'est
même un peu pour ça qu'on le paye. Mais qu'en fait-elle,
la bête, de ces si précieuses informations une fois qu'elle
les a bien exploitées ? Elle les
oublie bien vite ? Pourquoi un bus d'adresse ?Vous ne le saviez peut-être pas, mais vous êtes formidable !
Que l'on vous demande votre pointure, votre code de carte bleue ou le nom de
ce prof de gym qui a pourri votre quatrième et hop ! instantanément
ou presque, vous effervescez sans en avoir l'air, vos neurones se mettent en
branle et rapatrient on ne sait trop comment du tréfonds de votre mémoire
l'information demandée. Parce que le processeur est peut-être un cerveau fulgurant, mais un cerveau dénué de toute mémoire ! Celle-ci se trouve ailleurs, sur la carte mère, et constitue l'interlocuteur principal du processeur qui vient y chercher ses instructions et y sauvegarder ses données en cours de traitement. Pour votre processeur, la mémoire vive de l'ordinateur ressemble à un gigantesque rayonnage de minuscules cases, chaque case pouvant sauvegarder la valeur d'un octet. Afin de pouvoir accéder individuellement à chacune de ces cellules, chacune d'entre elles porte un identifiant unique, bien évidemment binaire, qui constitue son adresse. Ainsi, dans le cas d'un échange entre le processeur et la mémoire, deux cas de figure peuvent se présenter:
Un processeur intéragit de deux manières différentes avec la
mémoire: soit il lui soumet une requête de lecture afin de rapatrier la valeur
d'une donnée située à une adresse qu'il précise, soit il lui impose un ordre
d'écriture afin de sauvegarder une valeur à une adresse donnée.
Mais comme vous le savez maintenant, la mémoire n'est pas le seul interlocuteur du processeur puisque les périphériques de l'ordinateur sont également susceptibles d'échanger des informations avec la puce. C'est pourquoi ces périphériques, de la même manière que la mémoire vive, se voient également attribués des adresses uniques que l'on appelle ports d'entrées-sorties (ou ports E/S). Ainsi, lorsque le processeur désire s'adresser à un périphérique particulier du système, il place sur le bus d'adresse une adresse de port E/S. Le périphérique concerné prend alors en charge la requête, l'exécute, puis, éventuellement, renvoie la donnée demandée sur le bus du même nom.
Mémoire de puce ou mémoire d'éléphant ?Alors que de par son rôle de "canalisation à informations", le bus de données se caractérise évidemment par son débit, le bus d'adresse, bien moins susceptible de véhiculer de grosses quantités de bits, se caractérise surtout par sa largeur. Si vos neurones ne sont pas sur pause, vous comprendrez facilement que la largeur du bus d'adresse conditionne directement la plage d'adresses identifiables et, donc, ce qu'on appelle la mémoire adressable. Comme le bus de donnée, le bus d'adresse tend à s'allonger avec les différentes
générations de processeurs, de par les capacités toujours plus colossales
de ces derniers à prendre en charge de grandes quantités de données.
Bien ! Si vous avez bien suivi jusqu'à ce point, nous devrions maintenant
parler du sous-bus de commande de notre bus processeur.
D'autres bus à (com)prendre...Nous venons de proprement disséquer le bus processeur "fondamental",
c'est-à-dire la connexion vitale entre la tête (le processeur)
et le corps (la carte mère) de la machine. Alors, voilà, on passe à
autre chose ?
Le bus intérieurAvant de nous pencher sur la mémoire cache et ses secrets, intéressons-nous un instant à un bus qui n'en est pas vraiment un: le bus de donnée interne, comme on l'appelle parfois. En dépit des apparences, le processeur n'est pas un bloc monolithique
de silicum brut. Il se compose en fait de nombreuses zones fonctionnelles appelées Comme ce bus est destiné à faire transiter les données reçues depuis l'extérieur, vous ne serez pas étonné(e) d'apprendre que sa largeur correspond généralement à celle du bus de données externe, c'est-à-dire du bus système. Plus surprenant, et diablement important, la fréquence de fonctionnement
de ce bus s'avère très supérieure à la fréquence
du bus processeur, et ceci grâce à un dispositif particulier
dénommé Cette bonne surprise, en plus de nous réjouir, va également nous permettre de comprendre ce qui va suivre...
Le bus de derrièreAinsi donc, le processeur turbinerait in petto à une fréquence
beaucoup plus importante que le reste de l'ordinateur. Réflexion. Phosphorage.
Effervescence neuronale et hop ! la conclusion brute de décoffrage: tant
qu'il manipule ses données en son for intérieur, le processeur
mouline à sa vitesse supersonique mais, à chaque fois qu'elle
s'adresse au monde extérieur, la puce est contrainte de patienter avant
de recevoir les données demandées. Dans le but de limiter au maximum les requêtes en mémoire du processeur, les architectes informaticiens, filous comme pas deux, intercalèrent alors entre la puce et la mémoire un dispositif intermédiaire qu'ils baptisèrent mémoire cache. En réalité, les processeurs modernes n'incluent pas un seul bloc de mémoire cache mais deux, voire même trois. Celles-ci sont appelées mémoires cache interne (niveau 1) et externe (niveaux 2 et 3), de rapidité décroissante mais disposées en quantité croissante, à différents niveaux du système. Comme son nom l'indique, la mémoire cache n'est pas autre
chose que de la mémoire, mais une mémoire hyper-rapide, et
donc, hyper-coûteuse, et donc utilisée en quantité bien
moindre par rapport à la mémoire vive. Bien évidemment, qui dit mémoire intermédiaire dit bus pour la relier au processeur. Celui-ci est tout naturellement appelé bus de mémoire cache, ou, par amusante analogie avec le bus frontal, Back Side Bus, c'est-à-dire "bus de derrière". La fréquence de fonctionnement de ce bus est extrêmement variable et dépend très directement de l'endroit où est implantée la mémoire cache. Si celle-ci est incorporée à l'intérieur même du processeur, le bus fonctionne à la pleine vitesse de celui-ci, mais si celle-ci se trouve excentrée par rapport au coeur de la puce, le bus peut fonctionner à une fraction de la fréquence du bus de données interne. Si cette mémoire cache dispose aujourd'hui de son propre bus, il n'en était
pas de même sur les premiers modèles de processeurs disposant de ce "pense-bête"
électronique. Sur ces derniers, alors, un seul et même bus système
reliait mémoire vive et mémoire cache externe, empêchant
toutes requêtes
concomitantes vers ces deux destinations.
Enfin bref... Très longtemps considéré comme un boulet, ou plutôt un goulet, de par sa capacité limitée à assurer le transport des données entre le processeur et le monde extérieur, le bus processeur est aujourd'hui un véritable boulevard à bits, surtout lorsqu'il prend la forme d'un bus HyperTransport. Quoi qu'il en soit, ce bus démontre parfaitement que les capacités générales d'un ordinateur ne se limitent pas à la seule puissance de travail de son processeur; à quoi bon une puce fulgurant à 1 zéta-hertz si les données ne peuvent lui parvenir qu'au compte-goutte ? L'harmonieux équilibre, voilà la clef. |
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